EN QUÊTE D'ÉCOLE : épisode 44 (18/12/2025)
Un programme d'éducation à la sexualité : la fin du débat ?
Introduction
Ce mardi 2 décembre 2025, le tribunal administratif a tranché et reconnu l’Etat coupable de “ carence fautive” dans l’application de la loi de 2001 qui prévoit 3 séances obligatoires par an d’éducation à la sexualité pour tous les niveaux. Le Haut conseil à l'égalité révélait en 2022 que les jeunes adultes déclarent avoir eu en moyenne 2,7 séances sur toute leur scolarité, ce qui représente à peine 13% des séances prévues par la loi.
Dans son rapport de 2025, le même HCE pointe que les discours masculinistes gagnent en visibilité tandis que les violences sexistes et sexuelles ne faiblissent pas, au contraire. Selon le rapport un levier puissant est, sans aucun doute, l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, d’autant plus qu’elle est plébiscitée par 9 français sur 10 et que, en réalité, seule une minorité s’y oppose. Pour répondre à ce manque, en février 2025, le programme EVARS est voté à l’unanimité par le Conseil supérieur de l’éducation et il devrait être effectif depuis septembre 2025.
Pourquoi ces longueurs et ces réticences à la mise en place de ses séances ? Quels sont les enjeux et débats autour de cette “éducation à “ au-delà de la désinformation et des caricatures ?
Comment en est-on venu à cette appellation “vie affective, relationnelle et sexuelle” et pourquoi ce n’est pas si évident de parler de la vie amoureuse et sexuelle au sein de l’institution scolaire ?
Pour le savoir nous avons mené l’enquête
I. pourquoi parler d’intime à l’école ? Pourquoi l’éducation à la sexualité est une préoccupation publique ?
D’abord, on peut se demander pourquoi l’éducation à la sexualité, et donc à l’intimité, est devenue une préoccupation publique et politique.
Les risques sanitaires
Si on remonte au début du XXème siècle, l’idée d’une éducation publique à la sexualité vient des risques sanitaires liés à la syphilis. L’épidémie de VIH au début des années 80 réactive cette urgence de la prévention et, plus récemment, la stagnation des cas de maladies et d’infections sexuellement transmissibles depuis les années 2000 témoigne que les comportements sexuels restent au cœur d’enjeux de santé publique.
Extrait d’un reportage de France TV : https://youtube.com/shorts/ff61wCbd958?si=Gz4xQvN3oAsvmqF3
Aussi l’éducation à la sexualité est depuis les années soixante tournée vers le contrôle des naissances, autrement dit l’information sur la contraception et l’interruption volontaire de grossesse, autre volet sanitaire d’une éducation à la sexualité.
L’évolution des moeurs et la défense de valeurs
Cependant les motivations n’ont jamais été uniquement sanitaires. Des bouleversements dans les mœurs à la fin des années 50 viennent poser la question d’une forme d’éducation à la sexualité. Yves Verneuil, historien de l’éducation, dans son ouvrage récent sur l’histoire de l’éducation sexuelle à l’école montre bien comment l’idée d’une éducation progresse dans l’opinion commune, soulignant ainsi que la sexualité n’est pas naturelle mais relève bien d’une dimension sociale et culturelle, sous-tendue de normes, valeurs et pratiques situées.
Il évoque notamment la grande ignorance dans laquelle sont tenus les jeunes en cette période. Devenus plus citadins, ils observent moins les comportements animaux, habitants dans des logements plus grands où les parents ont leur propre chambre, ils ne sont plus exposés non plus, de fait, à la sexualité adulte. En parallèle une vraie période de jeunesse se construit avec l’allongement de la période scolaire obligatoire, et les rapports entre jeunes se multiplient à l’école notamment à l’occasion de la mixité scolaire. Ainsi les jeunes vivent une vraie période de cohabitation avec d’autres jeunes à l’école, où ils atteignent l’âge des premières expériences.
Écoutons ce médecin interrogé sur l’école mixte en 1961 :
Extrait d’une archive de l’INA “1961: Pour ou contre les filles avec les garçons dans les écoles mixtes ?”https://www.youtube.com/watch?v=wTGUalabS-0
Michel Bozon, sociologue, décrit l’émergence d’une nouvelle “autonomie privée des jeunes” dont la scolarité allongée est la cause, mais qui se construit hors du contrôle des grandes institutions telles que l’école, l'Église ou la famille. Ce phénomène datant plutôt des années 60, s’intensifie depuis les années 90, lorsque les parents travaillent tous les deux et grâce aux réseaux sociaux qui offrent un espace privé aux jeunes.
Or, comme le remarque Michel Bozon, cette autonomie privée est à la fois devenue une norme attendue mais est aussi le lieu de paniques morales autour de la sexualité des jeunes : les relations entre pairs seraient vues comme ayant une influence néfaste. En effet, cette transmission horizontale des connaissances ainsi que l’élaboration collective de normes entre pairs du même âge est vue, encore aujourd’hui, comme source de déviance.
Ainsi dès le début des années 60 et bien avant 1968, les familles et l’institution scolaire se préoccupent de transmettre connaissances et informations qui responsabilisent les jeunes.
Les violences sexistes et sexuelles : les enfants sont plus que concernés
Une autre question, souvent soulevée par les adversaires d’une éducation à la sexualité dès l’école maternelle ou primaire, est celle de savoir en quoi les enfants seraient concernés par cette éducation. Ce serait les traumatiser ou les inviter à entrer trop tôt dans des questionnements et pratiques qui ne seraient pas de leur âge.
Ces arguments relèvent soit du déni soit de la mauvaise foi car les enfants sont très exposés aux violences sexistes et sexuelles contre lesquels l’ignorance ne peut rien.
Le rapport de la Commission Indépendante sur l’Inceste et les VIolences Sexuelles faites aux Enfants ( dite CIIVISE) de 2023 révèle que près de 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année et que dans 81% des cas l’agresseur est un membre de la famille et que les victimes ont en moyenne 8 ans et demi au moment des faits.
Une des préconisations de ce même rapport pour prévenir les violences est alors d'assurer la mise en œuvre effective à l’école des séances d’éducation à la vie sexuelle et affective et de garantir un contenu d’information adapté au développement des enfants selon les âges.
Par ailleurs, les enfants ne sont pas que victimes, ils sont aussi agresseurs, même si dans 81% des cas les agresseurs sont majeurs. Le ministère de la justice constate une forte augmentation de mineurs mis en cause pour au moins une infraction sexuelle entre 2017 et 2024, et que près de la moitié ont entre 13 et 15 ans et la moitié de leurs victimes ont moins de 12 ans.
Dans un rapport de 2025 sur les enfants auteurs de violences sexuelles, il est mis au jour que ces auteurs ont pour les ¾ eux-mêmes subi des abus sexuels. Le rapport préconise alors l’information aux parents sur le programme EVARS et sur “les impacts positifs évalués de l’éducation à la sexualité” notamment la diminution des comportements à risque.
Extraits du documentaire “ Un cours pas comme les autres” sur la chaine Réel·le·s : https://youtu.be/ll3Insc_hzc?si=SaXoSnolqe4wy-D_
En outre, en 2024 l’OMS alerte sur les violences conjugales physiques et/ou sexuelles au sein des couples adolescents qui touchent près d’une adolescente sur 10 en Europe. De même, les chiffres de la prostitution des mineures sont aussi en forte hausse et révèle un nouveau profil de proxénète : des “petits amis” qui profit ent de leur emprise pour inciter à la prostitution.
En résumé, il est scandaleux de considérer que le danger pour les enfants serait de savoir trop tôt identifier le mal qu’on pourrait leur faire ou de limiter cette éducation à la famille qui peut, non seulement être un lieu d’agression, mais aussi de tabous, de silences et de hontes.
II : une histoire de conflits autour des valeurs.. des valeurs morales aux valeurs de la République.
Et pourtant si l’idée date de plus de 60 ans, ce n’est qu’en 2025 qu’un programme entre en vigueur et que l’obligation des séances annuelles semble être en voie d’application.
Depuis le début, le débat se concentre, toujours selon l’ouvrage d’Yves Verneuil, autour des distinctions entre information et éducation et entre école et famille. Lors de la circulaire Fontanet de 1973, la première à instituer une éducation à la sexualité, l’information est rendue obligatoire tandis que l’éducation reste facultative et soumise à l’autorisation parentale.
Extraits d’une archive de l’INA “L'éducation sexuelle au collège, mode d'emploi”sur sa chaîne : https://youtu.be/QOHAPRvhfDc?si=q50kSBDPE2GK1SBt
L’idée sous-jacente est que seul le contenu scientifique sur la biologie et la physiologie des organes génitaux et de la reproduction peut être rendu obligatoire, car le reste relève de l’éducation, autrement dit de la transmission de valeurs qui peuvent différer fortement selon les familles et restent alors sous leurs responsabilités.
Puisqu’il n’y a pas de consensus moral autour de la contraception, l’IVG ou de l’homosexualité, la circulaire de 73 ménage les familles et se garde bien de “peser sur les consciences”.
Cette question des valeurs versus une information purement scientifique reste centrale encore aujourd’hui : le programme EVARS est défendu comme un programme fondé sur des savoirs.
Par exemple, dire que le sexe biologique ne détermine pas nécessairement l’identité de genre est une donnée renseignée par la biologie, la sociologie, la psychologie, l’anthropologie qui décrivent l’existant, alors que défendre la complémentarité des sexes est une idéologie liée à l’anthropologie religieuse, sous couvert de référence à la nature.
Cependant c’est l’inscription de cet enseignement dans l’éducation à la citoyenneté et aux valeurs de la République qui a permis sa progressive légitimité à aller au-delà des simples informations biologiques et sanitaires. La circulaire du 19 novembre 1998 précise que les séances obligatoires doivent aussi promouvoir des “ valeurs humanistes de tolérance et de liberté, du respect de soi et d’autrui” et lutter contre les inégalités, les discriminations, et les stéréotypes sexistes, lutte qui est devenue en parallèle une mission de l’école en juillet 1998.
Alors certes cette éducation n’est pas neutre mais elle s’inscrit dans le cadre des valeurs de la République, décrites comme communes et respectant le principe de laïcité.
C’est ainsi que se règle au fil des circulaires la question du “consensus moral” qui semblait impossible en 1973 : en évitant un enseignement normatif et en inscrivant l’éducation à la sexualité dans une éducation à l’autre.
D’ailleurs les élèves n’attendent pas de jugement moral comme le dit bien la sociologue Yaëlle Amsellem-Mainguy
Extrait d’une émission de l’IH2EF sur leur chaine “L'éducation à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité au périscope” : https://youtu.be/BjuW6SafG14?si=dG-T2OShvLA9sR8D
De même, la question de la place de l’intime à l’école est déplacée, en respectant bien sûr l’intimité des élèves, mais en inscrivant aussi les relations affectives et sexuelles dans une dimension sociale, politique et historique traversée par des normes collectives auxquelles les élèves peuvent réfléchir sans s’exposer.
En parallèle, les objectifs posés insistent sur le développement du jugement critique chez les élèves, de la responsabilité et du choix lucide. Objectif réaffirmé dans la circulaire de 2018 qui promeut la réflexion par le dialogue qui permet de mettre au jour les normes et valeurs qui sous-tendent les représentations de chacun afin de pouvoir les examiner et les choisir ( ou les mettre à distance) de manière libre et éclairée.
Cet objectif est réaffirmé dans le programme de 2025 comme le dit Sophie Pons, Cheffe du bureau des contenus pédagogiques et des langues à la DGESCO.
Extrait d’une émission de l’IH2EF sur leur chaine “L'éducation à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité au périscope” : https://youtu.be/BjuW6SafG14?si=dG-T2OShvLA9sR8D
III : Quelles conditions et quels résultats ?
Les oppositions - minoritaires - s’appuient sur des croyances fausses selon Yves Verneuil : l’idée d’une absence de sexualité chez les enfants, que l’éducation aurait une influence sur l’orientation sexuelle au moment de leur construction, que cette même éducation mènerait à une sexualité précoce et que défendre l’égalité de genre serait une indifférenciation des sexes.
Or l’Organisation mondiale de la santé fait référence à une méta-analyse de plus de 80 études qui montre que lorsqu’une éducation complète à la vie affective et sexuelle est prodiguée dans un pays, cela repousse l’âge d’entrée dans la sexualité et cela réduit les pratiques à risque. La condition est alors que l’éducation soit “complète” c’est-à-dire qu’elle ne se limite pas à la dimension sanitaire et biologique de prévention mais qu’elle inclut une vraie formation aux compétences psycho-sociales et une attention aux biais et stéréotypes qui peuvent être reproduit par les adultes face aux élèves.
Extrait du podcast Hors-série des Couilles sur la table de Lolita Ravié, “C’est quoi l’amour maîtresse ? “ pour Binge Audio : https://www.youtube.com/watch?v=3PlbUJR96yg
Cette éducation complète ne concerne donc pas que les personnels de santé ou du social et le programme EVARS prévoit que les professeurs aient “ la responsabilité première de ses séances”.
Cependant, il semble compliqué d’envoyer des professeures devant les élèves sans formation d’autant plus qu’il s’agit d’une posture paradoxale comme le montre un rapport de l’INJEP qui a enquêté sur les séances d’éducation à la sexualité en 2015 . En effet, les auteur·ices du rapport décrivent des agents tiraillés entre des politiques publiques qui sont traversées par des stéréotypes sur la sexualité adolescente ( qu’elle serait distincte de celle des adultes par exemple ou dominée par l’imagerie pornographique) et l’exigence de ne pas porter de jugement moral.
De plus, il faudrait animer des questionnements et réflexions en partant des remarques des jeunes mais tout en gardant une posture calme et sereine et, il faudrait parler de sexualité sans parler de leur intimité. La complexité de la tâche conduit à plusieurs travers comme la reproduction de certains stéréotypes : parler de consentement comme ce que les filles doivent formuler aux garçons, par exemple, sur-responsabilise les filles et nient les relations homosexuelles.
Même si le programme EVARS est très détaillé et propose des séances presque clé en main, on ne saurait faire l’impasse sur le besoin de former les personnels à cette posture d’équilibriste.
En outre, une éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle s’inscrit pleinement dans d’autres projets déjà mis en place dans les établissements : la lutte contre le harcèlement, l’éducation aux médias et à l’information, l’éducation à la citoyenneté et cela peut être l’occasion de coordonner les séances plutôt que les juxtaposer les unes aux autres, mais cela demande une vision collégiale de ces enseignements.
Conclusion
En conclusion, le programme EVARS est une démarche inédite, il s’agit bien d’un programme de l’éducation nationale, détaillé pour guider les intervenant·es et clair pour rassurer les parents. Cependant si un programme est voté, il n’est pour l’instant attribué, surtout dans le secondaire, à aucune heure de l’emploi du temps. Comment mettre alors en œuvre ses enseignements et séances sans temps consacré ? Ne risque-t-on pas de se retrouver dans les mêmes travers : une école hors-la-loi faute de moyens alloués aux ambitions qu’on lui donne ?
Et pour aller plus loin ...
- Allard-Cobetto, P., Piché, E., Fortier, J., Fernet, M., & Hébert, M. (2025). Explorer l’opinion des jeunes quant aux ateliers d’éducation à la sexualité du programme Étincelles : Pour des relations intimes positives et sans violence. Nouveaux cahiers de la recherche en éducation, 27(1), 157‑179. https://doi.org/10.7202/1119552ar
- Amsellem-Mainguy, Y., Cheynel, C., & Fouet, A. (2015). Entrée dans la sexualité des adolescent·e·s : La question du consentement. Enquête en milieu scolaire auprès des jeunes et des intervenant·e·s en éducation à la sexualité. [Rapport d’étude]. Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire ( INJEP). https://injep.fr/publication/entree-dans-la-sexualite-des-adolescentes-la-question-du-consentement/
- Amsellem-Mainguy, Y., & Vuattoux, A. (2019). Sexualité juvénile et rapports de pouvoir : Réflexions sur les conditions d’une éducation à la sexualité. Mouvements, 99(3), 85‑95. https://doi.org/10.3917/mouv.099.0085
- Bozon, M. (2012). Autonomie sexuelle des jeunes et panique morale des adultes:Le garçon sans frein et la fille responsable. Agora débats/jeunesses, 60(1), 121‑134. https://doi.org/10.3917/agora.060.0121
- Campbell, M., Daly, A., & O’Sullivan, C. (2025). Etude de faisabilité sur l’éducation complète à la sexualité adaptée à l’âge afin de renforcer les réponses pour entre autres prévenir et combattre la violence à l’égard des enfants, y compris la violence sexuelle et les comportements préjudiciables ou à risque. [Étude]. Conseil de l’Europe. https://rm.coe.int/cdenf-2024-08-projet-d-etude-de-faisabilite-sur-l-education-a-la-sexua/1680b0d4d1
- Durand, E., & Mathieu, N. (Eds.). (2023). Violences sexuelles faites aux enfants : « On vous croit ». Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants ( CIIVISE). https://www.ciivise.fr/le-rapport-public-de-2023
- Plagnard, M. (2024). La difficile question de l’identité de genre dans les interventions scolaires en éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle. Dialogue, 245(3), 55‑70. https://doi.org/10.3917/dia.245.0055
- Rapport, C., & Taquet, A. (Eds.). (2025). Parcours des mineurs auteurs de violences sexuelles. [Rapport d’orientation et propositions 2025.]. Ministère du travail, de la santé, des solidarités et des familles.
- Rapport 2025 sur l’état du sexisme en France—A l’heure de la polarisation—Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes. https://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/stereotypes-et-roles-sociaux/travaux-du-hce/article/rapport-2025-sur-l-etat-du-sexisme-en-france-a-l-heure-de-la-polarisation
- Rivé, L. (2023). « C’est quoi l’amour, maîtresse ? » : le nouveau hors-série du Cœur sur la table - Binge Audio. Consulté 11 décembre 2025, à l’adresse https://www.binge.audio/page/cestquoilamourmaitresse
- Verneuil, Y., & Hofstetter, R. (2023). Une question « chaude » : Histoire de l’éducation sexuelle à l’école (France, XXe-XXIe siècle). Peter Lang.
Émission préparée par ...
- Production : Adeline Houncheringer
- Réalisation technique : Sébastien Boudin
- Photo de : Mika Baumeister sur Unsplash
- Habillage sonore : Adeline Houncheringer et Sébastien Boudin.
- Musique :
- Barbara. (1970). L’aigle noir: Vol. L’aigle noir. Phillips.
- Furman, E. (2015). Body was made: Vol. Sex Education Original Soundtrack . Bella Union.
-
Garbage. (1998). I Think i’m paranoid: Vol. Version 2.0 . Almo Sounds.
- The Turtles. (1967). Happy Together: Vol. Happy Together. White Whale records.
- Remerciements : Merci à Florence Sauvebois pour sa relecture.
