La restauration scolaire sert chaque année plus d’un milliard de repas aux élèves du premier et du second degré. Son cout, évalué à près de 8,5 milliards d’euros, se répartit à l'échelle nationale à parts égales entre les familles et les collectivités territoriales (HCFEA, 2024). La gestion de cette dépense reste pourtant mal connue, en l’absence d’évaluations nationales régulières.
Dans les arènes parlementaire et médiatique, le débat se concentre sur le contenu de l'assiette et le prix du repas, au point que d'autres dimensions restent en retrait. Ces entrées portent deux conceptions opposées de l’action publique : la cantine est tantôt envisagée comme un dispositif socioéducatif que l’État doit garantir, tantôt comme une charge budgétaire dont il faudrait contenir le cout.
Parallèlement, les recherches en sciences sociales éclairent des dimensions souvent laissées hors champ. Elles montrent que la cantine est un espace de socialisation entre pairs mais aussi un lieu de
reproduction des inégalités d’accès.
