Versailles

LéA Association nationale d'éducation au goût des jeunes

Place au Goût ! (Démonstration)

E.Sanabria, Maitre de conférence, Chaire d’Excellence INSERM « Les enjeux sociaux de l’éducation à la santé alimentaire » au sein du pôle Action Publique (axe Politiques & Santé), UMR5206 Triangle : CNRS, ENS de Lyon et S. Delaroche-Houot, Formatrice/consultante en éducation au goût des jeunes, présidente de l’Association Nationale pour l’Education au Goût des Jeunes

L’objectif de cette participation au forum est de présenter la problématique spécifique du LéA Place au Goût dans le cadre du cercle des LéAs. Le LéA Place au Goût rassemble chercheurs en sciences sociales travaillant sur l’éducation à la santé dans le cadre de l’Ifé / Triangle, en psycholinguisme du CNRS (Paris) et des éducateurs au goût travaillant dans le cadre de l’Association Nationale d’Education au Goût des Jeunes (ANEGJ), à l’échelle nationale. Ainsi, le questionnement et la problématique occupent-ils une place légèrement périphérique au dispositif LéA de part sa nature hors cadre scolaire. Notre collaboration soulève des enjeux spécifiques qui feront l’objet d’un questionnement collectif dans le cadre du forum. C’est pourquoi, ce forum serait l’occasion de présenter :
- le LEA Place au goût, sa spécificité et l’intérêt de la collaboration IFE/ANEGJ,
- l’éducation au goût et ses effets,
- les actions de recherche de financement, en cours, pour le LEA.
Dans le milieu de l’éducation alimentaire, l’éducation ou l’information nutritionnelle et l’éducation au goût relèvent de deux champs de connaissances différents. Elles sont parfois mises en opposition, la première étant fondée sur un objectif santé – et l’idée que certains aliments sont bons/mauvais – et la seconde étant dans un objectif de réappropriation de l’acte alimentaire privilégiant l’importance du « goûter » comme expérience subjective à découvrir dans le plaisir de l’acte alimentaire. Contrairement à l’éducation nutritionnelle qui engage la transmission de connaissances relevant des sciences biologiques, dans un modèle de transmission vertical, l’éducation au goût engage la personne « incarnée ». Elle est participative et horizontale et invite principalement à une meilleure connaissance et écoute de soi. Les réponses apportées par l’éducation au goût ne sont pas univoques, imposant la référence à une autorité extérieure (fusse-t-elle celle des sciences naturelles) qui régisse l’expérience individuelle. L’éducation au goût est un processus d’apprentissage, collectif, de réflexivité sur l’expérience sensorielle et les sensations guidant le plaisir alimentaire. C’est une éducation qui se vit en proposant des dégustations aux participants, tout en les mettant en situations d’échange et de partage. Cette éducation permet de mettre en évidence les différences interindividuelles entre mangeurs, de développer les compétences psychosociales de la personne en favorisant l’estime de soi, la confiance en soi, l’identité et l’autonomie.
L’objectif du LéA est d’analyser les principes pédagogiques et les compétences mises en œuvre en éducation au goût, ainsi que de qualifier l’apport spécifique et innovant de cette pédagogie dans le domaine de l’éducation à la santé comme levier d’action sur le comportement alimentaire. Un enjeu fort dans ce cadre est d’aboutir à une définition opérationnelle de l’éducation au goût dans le champ de l’éducation à la santé alimentaire. Cela suppose la réalisation d’un travail ethnographique auprès des praticiens sur cette pratique et sa représentation ainsi que dans son rapport à l’éducation nutritionnelle.
Notre participation au forum spécifiera l’approche sensorielle et l’approche ethnographique au cœur du questionnement qui nous réunit. Nous cherchons par cette participation interactive à solliciter de nos collègues engagés sur d’autres recherches dans le domaine éducatif, des apports sur la spécificité pédagogique de l’éducation au goût, et à mettre en place des convergences dynamiques entre ce LEA et d’autres LEAs.