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Dossier de veille de l'IFÉ :

De l’architecture scolaire aux espaces d’apprentissage : au bonheur d’apprendre ?


n° 75, mai 2012   

Auteur(s) :  Marie Musset

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Résumé : 
Devenu bâtiment spécifique il y a seulement quelques siècles, l’édifice scolaire a revêtu une fonction politique, sociale et pédagogique. Si la pierre semble défier le temps, la massification scolaire, le renouvellement de la pédagogie, les TICE - ainsi que la décentralisation en France - font changer l’école et donc l’espace scolaire.
Comment l’architecture scolaire peut-elle contribuer à la réussite de tous les élèves d’aujourd’hui ? C’est la question essentielle que doivent se poser tous ceux qui sont concernés par l’espace scolaire : pédagogues, usagers et décideurs.
L’architecture publique a comme fonction importante de rendre manifeste des valeurs, ici celles que l’on associe à l’éducation. Avant la seconde guerre mondiale, le bâtiment scolaire a généralement accompagné la construction des Etats-Nations et soutenu la révolution industrielle, de façons évidemment diverses selon l’autonomie des établissements, très variable selon les pays. L’ensemble des pays occidentaux tient aussi à signifier par son architecture scolaire que l’enseignement primaire et secondaire ne sont pas de la même eau. La démocratisation puis la massification de l’enseignement après la Seconde guerre mondiale changent la donne, tandis que pendant deux siècles des exigences de santé publique et des attentes pédagogiques modèlent de nouveaux espaces scolaires.
Si des pédagogues prennent très au sérieux le rôle de l’espace comme éducateur, c’est la pression des TICE qui semble bousculer radicalement l’architecture scolaire : le terme d’ « espaces d’apprentissage » à présent usuel associe une réflexion sur l’espace à l’intégration pédagogique des ressources électroniques et à la prise en compte de la vision holistique de l’apprentissage. Les usages du numérique remettent en jeu l’espace scolaire et le reconfigurent. Construire ou rénover un bâtiment scolaire aujourd'hui signifie donc chercher à accompagner les changements majeurs que sont la « défonctionnalisation », la modularité et la flexibilité de l’espace scolaire. La salle de classe « traditionnelle » est alors logiquement remise en cause.
A des époques très différentes selon les pays, l’école devient un pôle de développement local. L’école est insérée dans le paysage social et intégrée dans son territoire. L’architecture est alors un défi partagé entre l’État, les collectivités territoriales, les usagers…au service de la réussite de tous les élèves. Les concertations entre les différents acteurs se multiplient même si la prise en compte de l’usager est très variable selon les pays et peut être partout encore améliorée. La prise en compte la philosophie de l’éducation qui anime tout projet d’architecture scolaire et la connaissance des processus d’apprentissage fournis par la recherche en éducation sont nécessaires : souvent disponibles en ligne, les ressources pour les architectes, designers, politiques, enseignants et citoyens se multiplient, encourageant à ne pas enseigner pour demain avec les conceptions d’hier.

Abstract : 
It is only in recent centuries that schools have become specifically dedicated buildings. In modern times, school buildings have performed a major political, social and pedagogical function. While buildings may appear to be impervious to the passing of time, the rise of mass education, changes in pedagogy, ICT in education and decentralization have changed the face of French education and, as a result, the space of education in France.
How can school architecture contribute to the success of all students? This is the central question that anyone with an interest in educational space needs to ask, including teachers and educationalists, users and policy makers.

Public architecture plays an important role in the expression of values – including the values associated with education. Before World War Two, school buildings were generally part of the development of nation-states and were designed to support the industrial revolution. However, their role varied in different countries according to the level of school autonomy. Historically, western countries have also used school architecture to distinguish between primary and secondary education. The democratization of education and the subsequent rise of mass education after World War Two brought about significant changes in education and school architecture. For two centuries, public health demands and educational expectations had also served to shape the creation of new educational spaces.

While teachers and educationalists have taken the educational role of space very seriously, it is the pressure of ICT in education that appears to have had the most radical impact on school architecture. The concept of “learning space”, a common term in modern education, combines a focus on space with the integration of digital resources in education and holistic approaches to learning. The uses of digital technology have served to challenge and reconfigure educational spaces. Today, building or renovating a school means supporting major changes, including the changing role and flexibility of educational spaces. The result is a challenge to the concept of traditional “classrooms”.

At different times in different countries, schools have served as important drivers of local development. In recent times, schools have also come to be seen as being part of the social landscape and as integrated into their surroundings. The assumption is that architecture is a challenge shared by the state, local authorities and users to ensure student success. Consultation and dialogue between the different stakeholders have become increasingly common in recent times, although the degree to which users are included in the consultation process varies in different countries and could be significantly improved across the board. The philosophy of education underlying school architecture projects and the findings of educational research on learning processes also need to be taken into account. Currently, there is a proliferation of resources for architects, designers, politicians, teachers and citizens (often available online), encouraging educational actors to reject obsolete methods and to use resources adapted to educating for the future.



Pour citer ce dossier :
Marie Musset (2012). De l’architecture scolaire aux espaces d’apprentissage : au bonheur d’apprendre ?. Dossier d'actualité Veille et Analyse, n°75
En ligne : http://ife.ens-lyon.fr/vst/DA/detailsDossier.php?parent=accueil&dossier=75&lang=fr

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