INSTITUT FRANÇAIS DE L'ÉDUCATION

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Pays : France  Langue(s) : français 

Les travailleurs de l’enfance


Date :  du 20-06-2018 au 20-06-2018

Lieu :  Université Lumière Lyon 2 Lyon, France (69)

Organisation :  Université Lumière-Lyon 2

Depuis deux ans, un groupe de professionnels et de chercheurs s’est constitué au sein du laboratoire Éducation, cultures, politiques (EA 4571) pour mieux connaître et comprendre les professionnels de la petite enfance (0-6 ans) et leur activité de travail. Nous proposons une journée d’étude pour réaliser un bilan sur les modalités et les enjeux du travail à plusieurs pour les professionnels de la petite enfance. Quelles formes d’interactions (relations, échanges, concurrence, coopération, conflits, collaboration, débats, controverses, etc.) ? Dans quels cadres ? Pour quels effets sur les professionnels et leurs organisations de travail, sur les enfants et leurs familles ? Cette journée d’étude vise à faire se rencontrer et échanger des chercheurs et des professionnels, à partir de travaux empiriques mobilisant une méthodologie et un cadre théorique dont les entrées peuvent être plurielles (sciences de l’éducation, sociologie, psychologie, sciences du travail).

Comité scientifique

  • Carraud Françoise : MCF Lyon 2. Laboratoire ECP (EA 4571)
  • Forgeard Louis : Pédopsychiatre Centre Hospitalier Le Vinatier. Laboratoire ECP (EA 4571)
  • Gasparini Rachel : MCF Lyon 1. Laboratoire ECP (EA 4571)
  • Michalot Thierry : MCF UJM St Etienne. Laboratoire ECP (EA 4571)


Programme : 

Depuis deux ans, un groupe de professionnels et de chercheurs s’est constitué au sein de l’axe 1 du laboratoire Éducation, Cultures, Politiques (EA 4571) pour mieux connaître et comprendre les professionnels de la petite enfance (0-6 ans) et leur activité de travail. Qui sont ces professionnels et comment travaillent-ils avec les autres professionnels avec qui il doivent échanger (en direct ou à distance), qu’ils sont amenés à rencontrer parfois ou à côtoyer quotidiennement ?

À partir de ces questions initiales plusieurs approches ont été proposées lors de deux séminaires annuels, l’un en 2015/2016 :

  • « La division sociale du travail (relations enseignant de maternelle/Atsem, la complexité du métier d’enseignant de maternelle face aux troubles du comportement chez l’enfant » (Rachel Gasparini)
  • « Représentations professionnelles et identité professionnelle, compétences professionnelles » (Thierry Michalot)
  • « Le travail de care » (Pascale Molinier)
  • L’autre en 2017/2017 :
  • « La recherche CoRe, approches théoriques et méthodologies de travail » (Jan Peters)
  • « Ces enfants qui (s’)agitent. Parcours de vie, dynamiques familiales, pratiques professionnelles (Jean-Sébastien Eideliman)
  • « Etre professionnel(les) de l’accueil de la petite enfance aujourd’hui : une recherche menée par le Réseau Devenir d’Enfance » (Marie-Hélène Hurtig)

Nous proposons cette journée d’étude pour réaliser un bilan d’étape sur les modalités et les enjeux du travail à plusieurs pour les professionnels de la petite enfance. Quelles formes d’interactions (relations, échanges, concurrence, coopération, conflits, collaboration, débats, controverses, etc.) ? Dans quels cadres ? Pour quels effets sur les professionnels et leurs organisations de travail, sur les enfants et leurs familles ?

En effet, à l’heure actuelle, toutes les institutions d’accueil et de prise en charge de la petite enfance insistent pour que les adultes se rencontrent, échangent et collaborent de diverses manières. Les injonctions au travail d’équipe, au partenariat, ou encore à la coéducation sont nombreuses :

  • Pour les enseignants : « coopérer au sein d’une équipe et avec les partenaires de l’école » dans le « Référentiel de compétences professionnelles des métiers du professorat et de l’éducation » (2013)
  • Les personnels de l’Education nationale et du secteur de la santé, sont incités à constituer une « culture partagée » dans le rapport sur l’état de santé des Français, préalable à l’élaboration de la Stratégie nationale de santé (AXE 5 : Une politique spécifique axée sur la santé des enfants et des adolescents. Haut Conseil de la Santé Publique, juillet 2017)
  • Dans les métiers du social, les référentiels professionnels et de formation des éducateurs de jeunes enfants (2005) et des assistants de service social (2004) consacrent une part importante au travail en équipe et à la connaissance de l’environnement territorial et partenarial
  • Mais que recouvrent précisément ces demandes ? Et comment sont-elles mises en œuvre par les structures et par les professionnels au quotidien ?
  • Au sein des différentes structures d’accueil (crèches, écoles, jardins d’enfants, familles, lieux multi-accueil, familles d’accueil, MECS, etc.) travaillent des professionnels aux statuts, à la formation et aux conditions de travail souvent très différents. Comment les injonctions au travail d’équipe entre ces différents professionnels intervenant ensemble (dans des espaces/temps communs ou distincts), sont-elles reçues ? Quelles en sont les conséquences sur l’activité des uns et des autres ainsi que sur les organisations de travail ? Comment, au-delà de ces injonctions, les professionnels agissent et interagissent pour prendre en charge, ensemble ou non, les enfants qui leur sont confiés ? Selon quelles normes éducatives et institutionnelles ? En fonction de quelles règles professionnelles ? Entre ces structures, et avec d’autres organisations, c’est le partenariat qui est suggéré voire imposé. Quelles en sont les répercussions sur le travail des différents acteurs aux différents niveaux (micro, méso ou macro) ?

En mobilisant un cadre théorique pluriel celui des sciences de l’éducation mais aussi celui des disciplines sociologiques ou psychologiques ou encore celui des sciences du travail, cette journée d’étude scientifique vise à faire se rencontrer et échanger des chercheurs et des professionnels. À partir de réflexions issues de recherches empiriques, il s’agira à la fois de mieux saisir ce qui se passe pour les professionnels et quelles en sont les conséquences pour eux, pour les enfants et pour les organisations de travail.

Cette journée d’étude vise à faire se rencontrer et échanger des chercheurs et des professionnels, à partir de travaux empiriques mobilisant une méthodologie et un cadre théorique dont les entrées peuvent être plurielles (sciences de l’éducation, sociologie, psychologie, sciences du travail) Il s’agira à la fois de mieux saisir ce qui se passe pour les professionnels et quelles en sont les conséquences pour eux, pour les enfants et pour les organisations de travail.

Les questions vives
Les premiers échanges à propos des professionnels qui accueillent les jeunes enfants (0-6 ans), font apparaître plusieurs questions vives :

  • celles liées aux conditions de travail et aux risques psychosociaux de ces professionnels : en quoi le travail en équipe est-il protecteur ou facteur de stress la question du stress, dans l’équipe par qui et comment s’effectue la communication avec les parents, quels sont les effets des injonctions institutionnelles de la hiérarchie (par ex. l’Education nationale) ou des pressions dans les contextes de travail (par ex. restriction des postes, manque de moyens pour mettre en œuvre la loi sur l’inclusion scolaire de 2005) sur les professionnels (enseignants, Atsem, AVS, membres du RASED, auxiliaires de puériculture, EJE, assistantes maternelles, assistants de service social, personnels de CMP, etc.).
  • celles liées à la bienveillance, au care et au travail émotionnel de ces professionnels : être bienveillant est devenu une injonction explicite pour ces professionnels. Cela signifie-t-il qu’ils n’étaient pas assez bienveillants ? Que désigne la bienveillance dans le travail au quotidien ? Le souci de la bienveillance à l'égard des enfants n'a-t-il pas tendance à mettre de côté le souci de la bienveillance à l'égard du professionnel lui-même ? Cette nouvelle injonction à la bienveillance peut être étudiée partir du concept de care, au croisement du travail, de l’éthique et du politique, et de ses déclinaisons dans les mondes professionnels et en lien avec la notion de « travail émotionnel ».
  • celles liées à la division sociale et du travail : travailler avec de jeunes enfants implique un engagement corporel, matériel, émotionnel et affectif, intense. Comment s’effectue la division du travail autour des questions d’éducation, de sécurité (matérielle et affective) du jeune enfant ? Plusieurs thématiques peuvent être abordées comme le rapport au corps (par ex. comment contenir un enfant agité ?), la division sexuelle du travail (comment les hommes travaillent-ils avec les jeunes enfants ?), la délégation du « sale boulot » (dans le sens de l’activité la moins noble liée à la saleté corporelle, matérielle ou au comportement inapproprié)
  • celles liées à circulation des savoirs entre les différents lieux d’accueil et de socialisation des jeunes enfants, et entre les professionnels travaillant dans ces lieux : dans leur activité quotidienne et ordinaire, les professionnels convoquent, plus ou moins explicitement, des savoirs et croyances s’agissant des enfants et de leur éducation. Ces savoirs sont différents selon les individus et leurs parcours, selon les groupes sociaux et professionnels. Il serait intéressant d’étudier finement la manière dont ces savoirs sont produits et vulgarisés, comment ils circulent dans les institutions de formation et ailleurs, et aussi dans les rapports professionnels quotidiens. Notamment dans les relations entre les soignants (psychologues, rééducateurs, etc.) et les enseignants, ces derniers ayant le sentiment d’être exclus et de ne pas posséder de savoirs à propos des enfants suivis. Cette question est bien liée à celle des conceptions ou représentations de l’enfant (sociologie de l’enfance) et à celle de son éducation ou socialisation, familiale et scolaire.

Modalités de soumission
Cette journée d’étude accueillera des communications fondées sur un travail empirique de recherche ancré dans des lieux ou structures diverses (lieux accueil, lieux passerelles, réseaux d’assistantes maternelles, crèches familiales, écoles maternelles, périscolaire, centres médicaux psychologiques, etc.)

Les propositions de communication devront comporter :

  • un titre
  • 5 mots clefs
  • un résumé de 3000 signes, blancs compris, indiquant la méthodologie, le terrain et le champ théorique
  • une bibliographie

Les propositions doivent être envoyées à francoise.carraud@univ-lyon2.fr et rachel.gasparini@univ-lyon1.fr

avant le 14 mars 2018

La journée aura lieu le 20 juin 2018.

Contacts

  • Thierry Michalot : thierry [dot] michalot [at] univ-st-etienne [dot] fr
  • Françoise Carraud : francoise [dot] carraud [at] univ-lyon2 [dot] fr
  • Rachel Gasparini : rachel [dot] gasparini [at] univ-lyon1 [dot] fr



URL :  http://recherche.univ-lyon2.fr/ecp


mot(s) clé(s) :  petite enfance