INSTITUT FRANÇAIS DE L'ÉDUCATION

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Pays : France  Langue(s) : français 

Scolarisation de l’art, artistisation de l’école. - Sociologie des enseignements artistiques et culturels


Date :  du 18-01-2018 au 19-01-2018

Lieu :  Lyon

Organisation : 

Comité Scientifique :

Bois Géraldine (2L2S, Université de Lorraine)
Bonnéry Stéphane (CIRCEFT-ESCOL, Université Paris 8)
Burban François (CREN, Université de Nantes)
Carraud Françoise (ECP, Université Lumière Lyon 2)
Chauvel Séverine (LIRTES, Université Paris-Est-Créteil)
Deslyper Rémi (ECP, Université Lumière Lyon 2)
Desmitt Claire (Proféor-Cirel, Université Lille SHS)
Fabre Sylvain (CIRCEFT-ESCOL, ESPÉ-UPEC)
Giraud Frédérique (Centre Max Weber, Université Lumière Lyon 2)
Gisquet Sarah (CIRCEFT-ESCOL, Université Paris 8)
Kerlan Alain (ECP, Université Lumière Lyon 2)
Legon Tomas (CEMS, EHESS)
Robert Alexandre (IReMus, Université Paris Sorbonne)
Ruppin Virginie (ECP, Université Lumière Lyon 2)
Vandenbunder Jérémie (Printemps, UVSQ)
Eloy Florence (CIRCEFT-ESCOL, Université Paris 8)



Programme : 

Proposiitons de communication à déposer avant le 1er novembre 2017 sur le site.

Les trois dernières décennies ont vu se développer fortement les enseignements artistiques et culturels (EAC) en France. À l’enseignement institutionnel des disciplines « classiques » (danse, musique, théâtre et arts plastiques notamment), installé de longue date dans le paysage national (à travers les établissements d’enseignement publics, essentiellement les écoles des beaux-arts ainsi que les différents conservatoires auxquels on peut ajouter quelques établissements spécifiques - comme l’école de danse de l’opéra national de Paris par exemple - , privés ou associatifs), s’est ainsi récemment ajouté celui de pratiques artistiques d’origines populaires (formations à la danse hip-hop, écoles de « musiques actuelles »…). Sur la même période, on a aussi vu se multiplier, dans les collèges, les classes à horaires aménagés (CHAM), qui permettent des enseignements artistiques renforcés en musique, danse ou théâtre, ainsi que les « projets » communs entre intervenants culturels et enseignants de différents degrés du système scolaire (Opéra à l’école, Lycéens au cinéma, Zébrock au bahut, L’école du spectateur, Orchestre à l’école, Démos…). Enfin, l’année 2013 voit la mise en place du parcours d’éducation artistique et culturelle dès l’enseignement élémentaire. C’est ce lien entre l’enseignement institutionnel et les pratiques artistiques et culturelles que ce colloque propose de soumettre à l’analyse sociologique.

Au croisement de la sociologie de l’éducation et de la sociologie de l’art et de la culture, l’enseignement artistique et culturel constitue un objet d’étude intéressant pour rendre compte, à la fois, des évolutions de l’enseignement institutionnel mais aussi des transformations des pratiques artistiques et culturelles dans un contexte marqué par l’importance des industries culturelles et la succession des différentes politiques de démocratisation de la culture et de démocratie culturelle depuis plus de 30 ans. Ce colloque entend faire le point sur les connaissances produites sur cet objet et identifier des questions restant encore à explorer. Si elles peuvent relever de disciplines connexes (histoire, philosophie, didactique…), les contributions à ce colloque devront impérativement mobiliser, à un degré ou à un autre, une perspective sociologique et s’inscrire dans un, ou plusieurs, des axes suivants :

1. Ce que l’art et la culture font à l’enseignement

Les projets peuvent être à l’origine de certaines difficultés pour les personnels enseignants (Kerlan et Erruti, 2008 ; Ruppin, 2015). Il s’agirait alors de regarder plus en détail en quoi l’introduction des EAC modifie le travail d’enseignement et comment les différent.e.s enseignant.e.s et intervenant.e.s font face à ces changements.

Le domaine de l’art et de la culture , ressenti comme relaevant de sensibilités individuelles, est présenté par les acteurs pédagogiques et culturels, a priori, comme difficilement compatible avec la rationalisation de la transmission et des savoirs caractéristique de la forme scolaire (Vincent, Lahire et Thin, 1994). Ainsi, si des travaux ont pu souligner l’existence d’un certain écart des EAC avec la forme scolaire (Carraud, 2012 ; Bois, 2013 ; Vandenbunder, 2015), d’autres en revanche ont davantage insisté sur la dimension profondément scolaire, bien que plus implicite, de ces enseignements (Lemêtre, 2007, 2015 ; Eloy, 2013 ; Bonnéry et Fenard, 2013 ; Deslyper, 2013). Quelle est la relation entre l’éducation artistique et culturelle et la forme scolaire. L’éducation artistique et culturelle est-elle à l’origine d’une profonde transformation des modalités de transmission-appropriation? Peut-on identifier des socialisations culturelles et artistiques institutionnalisées qui échappent, à un degré ou à un autre, à la forme scolaire et si oui, pourquoi ? A l’inverse, l’enseignement artistique et culturel vient-il renforcer, en l’invisibilisant, le caractère scolaire de cette socialisation ?

2. Ce que l’enseignement fait à l’art et à la culture

Quel rapport aux pratiques artistiques ? dans l’enseignement très institutionnalisé des arts les plus légitimes comme la musique classique (Chagnard, 2017) ou dans l’enseignement plus récemment institutionnalisé de pratiques populaires originellement non fondées sur le mode de transmission scolaire, telles que la danse hip-hop (Faure et Garcia, 2005) ou  les « musiques actuelles » (Deslyper, 2017). Quels impacts sur les pratiques ?

Quels malentendus, incompréhensions ou résistances à la socialisation artistique et culturelle institutionnelle ( poids des cultures médiatiques juvéniles (Pasquier, 2005) et/ou les origines sociales populaires des élèves ...).

Quels objectifs de ces enseignements et dispositifs. ? réussite scolaire,  formation de pratiquants ou de spectateurs ?

3. Les pouvoirs prêtés à l’enseignement artistique et culturel

De l’ouverture culturelle au développement de la citoyenneté ou de la confiance en soi en passant par la lutte contre l’échec scolaire. Manifestation de la domination et de la sacralisation de l’art dans notre société (Lahire, 2015) ? En quoi l’art et la culture se distinguent, sur ce point, des pratiques sportives (elles aussi massivement utilisées comme instrument de remédiation sociale).

Comment les différents acteurs des EAC jonglent avec ces différents objectifs. Poursuivent-ils tous les mêmes objectifs et, si non, comment sont-ils hiérarchisés et sur quel(s) principe(s) ?

Quel est le lien en entre EAC et réussite scolaire pour les publics visés. une idée qui va de soi pour les enseignants, mais pas pour les élèves (Bonnéry et Renard, 2013 ; Giraud, 2017). Comment cette pédagogie du détour par l’art et la culture est-elle perçue par les enfants et leurs familles ?



URL :  https://scolart.sciencesconf.org/.../


mot(s) clé(s) :  éducation artistique, éducation musicale