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Bilan d'étape février 2011

Socle commun et évaluations à l’école primaire : perceptions des acteurs


La mise en œuvre concrète du livret personnel de compétences (LPC) pour les deux premiers paliers du socle commun réactive les débats et les interrogations sur le socle et sur les évaluations à l'école primaire.

Du côté institutionnel

  • Les enseignants de CE1 et CM2 doivent renseigner le LPC et transmettre les résultats aux familles et au collège (pour le palier 2). Officiellement il n’existe qu’une version papier de ce livret mais des versions électroniques sont élaborées dans des circonscriptions. 
  • Les grilles de références pour les évaluations des différentes compétences du socle commun sont parues sur Eduscol.
  • Dans un département plus particulièrement observé, les évaluations nationales de CM2 sont travaillées dans la triple perspective d’une évaluation du système éducatif, d’un positionnement des écoles et des équipes à partir des pourcentages de réussite, mais aussi d’une utilisation pédagogique de ses résultats. L'offre de formation continue des enseignants affiche l’ambition de travailler l’articulation compétences/ évaluation.

Du côté de la presse professionnelle

Le débat idéologique sur le socle commun est relancé dans la presse syndicale, mais ignoré souvent dans la presse associative ou commerciale.
Syndicalement, les oppositions sont franches (essentiellement au niveau du collège) entre ceux qui voient dans le socle « un formidable moteur de changement » et ceux qui y trouvent « une conception rétrograde des savoirs et de la pédagogie », ceux qui revendiquent un moratoire - ou un boycott du LPC - et ceux qui y trouvent enfin un outil adapté à la pédagogie qu’ils souhaitent, la seule à même de démocratiser le succès à l’école, pourvu qu’on donne aux équipes l’accompagnement professionnel permettant d’y parvenir.
Les évaluations nationales CM2 sont unanimement remises en cause dans leur forme actuelle par les syndicats.
La prochaine mise en œuvre du livret de compétences informatisé, mis en relation avec Base élèves, la saisie et la transmission des résultats des évaluations de CM2 au collège, l’évaluation des écoles et des enseignants au regard des résultats des élèves aux évaluations nationales laissent craindre à certaines organisations syndicales que l’école passe rapidement d’une logique de moyens à une logique de résultats. Fait nouveau, les fédérations de parents d’élèves s’invitent dans le débat, la FCPE appelant explicitement ses adhérents à refuser le dispositif.

Du côté des acteurs

 On constate une certaine perplexité, notamment devant la difficulté à emboiter tous les éléments du puzzle institutionnel. 
Comment concilier en effet :

  • Évaluation des contenus des programmes et des compétences du socle commun ?
  • Livret scolaire « traditionnel » et livret de compétences ?
  • Évaluation sommative et évaluation formative ?
  • Logique annuelle des programmes et logique pluriannuelle du socle ?
  • Logique de classe ou d’école ?
  • Maîtrise de procédures ou de compétences ?

La toute récente diffusion des grilles de référence du socle commun entretient les ambigüités sur les logiques d’apprentissage et d’évaluation à mettre en œuvre : "Les temps d’évaluation sont distincts des temps d’apprentissage et des temps d’entraînement nécessaires à l’appropriation des connaissances et à la maîtrise des compétences par les élèves. Les situations d’évaluation proposées sont proches de celles travaillées en classe pendant les temps d’apprentissage et d’entraînement."
Les enseignants cherchent, se questionnent, élaborent en équipe des outils, cherchent à trouver des solutions pragmatiques pour imbriquer les pièces de ce puzzle ou au contraire les laissent juxtaposées.
Des besoins de formation et d’éclaircissements sont clairement exprimés, les apports de la recherche sont appréciés. La simple lecture accompagnée de la prescription ne suffit pas aux professionnels qui  cherchent à redonner du sens et un sens à leur pratique. La traduction des prescriptions en termes de pratiques de classes est de plus en plus difficile et donne le sentiment d’une insécurité pédagogique. Il semble, pour suivre le point de vue de Françoise Lantheaume (2009), qu’un réel besoin de «traduction » de la prescription soit nécessaire, à chaque niveau institutionnel, pour rendre les injonctions compatibles avec le réel. Plus profondément, le décalage grandissant entre les objectifs annoncés par les directives nationales (améliorer les résultats scolaires) et les moyens mis en œuvre pour y parvenir, dans un contexte où l’exercice ordinaire du métier est ressenti comme de plus en plus difficile, semble laisser les enseignants dans la perplexité ou dans le désarroi.

 Alexis Bisserkine

 

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