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Quoi de neuf dans la presse professionnelle depuis la rentrée 2010 2011 et la mise en place du LPC ?

 

Dans la presse syndicale, la mise en œuvre programmée du Livret Personnel de Compétences (LPC) réactive les combats idéologiques que nous avions pointés lors des différentes étapes de la mise en place du socle commun (SEPA, résultats 2010).

La CGT et le SNES (FSU) développent à nouveau l’opposition entre socle commun et culture commune. Elles appellent à un moratoire voire un boycott du LPC en encourageant leurs adhérents à ne pas le renseigner au collège.
Le SNES s’inquiète particulièrement des conséquences de la mise en place du socle avec l’apparition d’expérimentations «d’écoles du socle» regroupant primaire et collège, susceptibles de modifier en profondeur les missions et le rôle des professeurs de collège

Le SE UNSA et le SGEN CFDT au contraire se félicite de ce changement, qui est inscrit maintenant dans la loi et auquel personne ne peut se soustraire. Elles y voient un « formidable moteur de changement des pratiques professionnelles ».
Elles pointent toutefois les incohérences du système actuel qui laisse cohabiter : notation et évaluation, livret de compétences et relevés de notes, validation du palier 3 du socle et Brevet National des Collèges.

Le SNUipp (FSU) est toujours dans un entre deux, prenant acte de la mise en œuvre du LPC mais demandant des aménagements de celui-ci.

Un consensus se dégage toutefois pour dénoncer les évaluations nationales de CM2 qui ne semblent adaptées ni à une évaluation du système, ni au pilotage des apprentissages de la part des enseignants.
Cette évaluation nationale qui n’est ni diagnostic, ni bilan, semble cristalliser les mécontentements des syndicats vis-à-vis de la politique éducative du ministère.

La presse professionnelle commerciale et « pratique » reste étrangère à ces débats et propose toujours des « activités de classe » (plus que des situations pédagogiques)  reproductibles par le plus grand nombre donc  souvent étrangères aux idées de progression, programmation, évaluation-remédiation.

La presse professionnelle associative et militante reste elle aussi à côté du débat préfère défendre ses approches spécifiques de la pédagogie ou ses crédos particuliers.
Le CRAP Cahiers pédagogiques dans leur Actualité du 25 janvier 2011 reste le défenseur de l’approche par compétence et traite du socle dans presque tous ses numéros  en proposant des illustrations de sa mise en œuvre. Sa dernière prise de position dit partager la « perplexité » des enseignants devant la confusion qui règne, et fustige ceux qui opposent artificiellement savoirs et compétences et « confortent les conservatismes ». Elle vise explicitement le SNES qui demande un moratoire sur le Socle.

L’annonce de l’informatisation du LPC entraîne également des protestations :
Sur internet, le collectif national de résistance à base élève parle de ce livret comme une réminiscence du livret ouvrier, qui figera les élèves dans leur passé et les soumettra  aux exigences du monde économique. Appel relayé par la ligue des droits de l’homme.
Circule également l'Appel pour une École démocratique qui critique le formatage du champ pédagogique par cette notion de compétence imposée par les marchés économiques et financiers : voir « le rouleau compresseur des compétences ».

 Alexis Bisserkine

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