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PIMS: Synthèse des résultats pour l’année 2010-2011

La recherche Pratiques inclusives en mathématiques scolaires renseigne la question d’OCEP relative à la prise en charge des élèves en difficulté pour maîtriser le socle.

Teresa Assude, ADEF, Aix-Marseille Université

Quelles situations d’enseignement en mathématiques pour des élèves en situation de handicap ? Y-at’il lieu de leur proposer un enseignement spécifique ? Nous sommes partis de ces questions et d’une hypothèse qui était la suivante : les situations d’enseignement qui ont fait leurs « preuves » avec des élèves « ordinaires » peuvent être également proposées aux élèves en situation de handicap et peuvent être efficaces du point de vue didactique, à condition de tenir compte de certains ajustements nécessaires pour répondre à des besoins particuliers lié à la situation de handicap. 


Nous avons testé cette hypothèse en présentant en formation la situation "Voitures et Garages" (Brousseau, 1998) qui a été reprise dans deux classes qui doivent recevoir des élèves présentant des troubles cognitifs . Dans l’une des classes, nous avons montré (Assude et alii soumis) que cette situation adaptée, notamment, pour s’ajuster au très faible niveau d’élèves qui ne reconnaissent pas globalement des petites quantités, leur a permis de faire des progrès dans l’apprentissage du nombre et du dénombrement. Les « perturbations » induites par ces aménagements dans la mise en œuvre de la situation n’ont remis en question ni les enjeux de savoir, ni les règles constitutives du jeu. Cette situation qui n’a pas été conçue spécifiquement pour ces élèves nous a semblé adaptable et profitable pour les apprentissages. Nous avons rendu compte de ces résultats dans le bilan de l'année précédente (voir aussi l'article soumis). 


Les observations réalisées dans la deuxième classe nous ont conduit à nous intéresser à ce qui pouvait rendre compte de la situation d’échec dans laquelle se trouvaient certains élèves lors d’une des séances enregistrées. Les modifications apportées concernant le milieu matériel de l’activité et l’incomplétude de la définition du jeu remettaient en question les enjeux de savoir. Les « perturbations » de la situation touchant aux enjeux de savoir dénaturaient l’activité proposée.


Il est préconisé à l’école de concevoir des activités apprentissage qui s’insèrent dans la vie de la classe. Pour expliquer les options de l’enseignante, nous avançons l’hypothèse que cette contrainte pèse, parfois, davantage que celle de respecter des enjeux de savoir. Dans la séquence observée, la situation« garages et voitures » a été transformée en une activité confuse de production de cadeaux à mettre dans la hotte du père Noël. Ce choix nous a semblé guidé par l’importance accordée par les CLIS à montrer qu’elles font comme les autres classes : Comme les autres, ces classes doivent fêter Noël. 


Par ailleurs, les expérimentations de la situation « garages et voitures » dans des classes « ordinaires » mettent en évidence que l’on peut aussi y observer des dérives où l’incomplétude de la définition du jeu compromet l’accès des élèves aux règles constitutives du jeu et leur possibilité de progresser par rapport aux enjeux de savoir.


En tout état de cause, ces considérations ne remettent pas en question le caractère « robuste » et adaptable de la situation « garages et voitures ». La suite de la recherche qui donnera lieu à l’étude des interviews (avant et après les enregistrements vidéo) et des séances d’analyse de pratiques organisées dans le cadre du dispositif de formation, devrait nous permettre d’approfondir la question des possibles difficultés à s’approprier et à mettre en œuvre de façon pertinente des situations d’enseignement dont l’efficacité au plan didactique est attestée par la recherche.

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