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Résultats 2009-2010

Identité numérique et orientation

 

Les TIC, des outils potentiels mais non suffisant pour accompagner le travail collaboratif

Rappelons tout d'abord que, dans le cadre de la recherche INO, les pratiques collaboratives ne sont pas "naturelles" puisque le protocole prévoit d'emblée la mise en œuvre d'échanges et promeut le travail collaboratif. 

Des pratiques qui s’appuient sur une plateforme collaborative et sur des temps de concertation

Les résultats montrent que le binôme de lycée a très bien fonctionné. Les échanges entre les deux enseignantes de lycée ont eu lieu sous la forme d'une réunion en présentiel une fois par semaine du début du projet jusqu'à la fin de la première phase, c'est-à-dire entre les vacances de Noël et les vacances de février. Des traces de ces réunions ont été systématiquement laissées sur la plateforme collaborative. Par ailleurs, de nombreux documents figurant sur la plateforme sont marqués comme conçus de manière collaborative ou bien indiqués comme partagés. L'intérêt de ces échanges ressort dans les discours des deux enseignantes recueillis lors des entretiens. 

Le manque de temps et le manque d’affinité : des freins aux pratiques collectives

En revanche, cela parait moins vrai pour le collège entre l'enseignant et la COP. Il n'y a pas de trace d'échanges sur la plateforme, et, des discours, il ressort que l'un des praticiens regrette qu'il n'y ait pas eu suffisamment d'échanges au sein du binôme et l'impute aux personnalités de chacun alors que l'autre dit qu'il n'y a pas eu d'échanges par manque de temps. L'enseignant dit qu'il aurait souhaité échanger avec des praticiens de la même discipline et du même niveau alors qu'il ne semble pas profiter des opportunités d'échanges que permet la situation et de la richesse d'une approche interdisciplinaire. Il est difficile de tirer des conclusions sur cette question car au collège, ce n'était pas un binôme d'enseignants mais un enseignant et une COP qui n'a pas pris la classe en charge.  

Les évaluations des apprentissages dans la construction du projet personnel et professionnel, un moyen d’évaluer de nouvelles compétences transversales ou une autre façon d’évaluer ce qui était déjà évalué

Au niveau des contenus de l'évaluation, nous remarquons des différences entre les enseignants  quant aux objets sur lesquels a porté l'évaluation. Au lycée, il ressort des deux discours que le travail de groupe,  la méthodologie, l’autonomie, la créativité ont été évalués. Les compétences qui sont prises en compte par les enseignantes de lycée dépassent largement les attentes fixées dans le projet INO.  Il est beaucoup plus difficile de définir les contenus de l'évaluation pour l’enseignant de collège. Il mentionne que le projet lui a fourni une seconde occasion d'évaluer la maîtrise du présenteur pour le B2i®, il rappelle que, les élèves n'ayant pas eu le temps de réaliser leur diaporama final sur un projet de métier, les compétences à s'orienter n'ont pas pu être évaluées, mais, pour les autres compétences visées par le projet, ou les compétences transversales en général, nous n'avons pas de données tangibles.

D’une évaluation des apprentissages vers une évaluation pour les apprentissages

Pour l'enseignant de collège, l'évaluation est liée à la note bien qu'il émette des doutes sur la notation "je suis pas sûr que développer cette compétence par la note / à mon avis il y a peut-être d'autres solutions" et, dans son discours, il développe ensuite des pistes pertinentes ("l'évaluation de groupe par des productions collectives", "observer les points positifs / les points négatifs / et puis leur donner la possibilité d'améliorer les productions") qui n'apparaissent pas comme étant intégrées aux pratiques. L'évaluation n'apparait pas comme étant incorporée au processus d'apprentissage "l'évaluation c'est un constat", puis "on s'est fixé des critères qu'on n'a pas indiqués aux élèves", mais l'enseignant valorise l'apprentissage en montrant aux élèves les progrès qu'ils ont réalisés, par une comparaison des performances entre le début et la fin de l'année.
Au lycée, une enseignante met en place une co-évaluation "J'ai pris les élèves les uns derrière les autres / j'ai regardé leur site Web et puis j'en ai discuté avec eux… c'était un petit peu travailler avec les élèves sur comprendre comment eux ils ressentaient et… comment moi je comprenais la façon dont ils ont travaillé". L'autre enseignante dit s'être appuyée sur l'évaluation par objectifs de progrès qu'elle avait découverte pendant sa formation.
Concernant les fonctions de l'évaluation, l'évaluation de type formatif a peut-être été insuffisamment discutée lors de la préparation du projet cette année car l'évaluation dont les enseignants ont parlé spontanément lors des entretiens est essentiellement celle qui mesure les acquis des élèves. Cette évaluation apparait comme ayant une fonction principale, celle de rassurer. 

Un repli sur l’évaluation des compétences disciplinaire

Le projet INO valorise des compétences transversales qui sont difficiles à évaluer, l'évaluation des compétences de la discipline vient alors en compensation "on n'a pas les outils pour les évaluer / ça veut dire que les élèves sont frustrés parce qu'on ne les gratifie pas / de leur investissement et de leurs progrès en tant que citoyens… en parallèle on évalue les compétences de matière… j'ai évalué ça parce que c'est la seule évaluation qui est en fait comprise". Au lycée, l'évaluation est hybride dans les deux classes "il y a le cadre européen des langues / en langues / ils doivent savoir faire un certain nombre de choses / j'avais fixé un certain nombre de points de grammaire qui étaient en accord avec la démarche du projet".

Catherine Loisy

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