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Quatrième session, 8 et 9 nov. 2012

Bandeau 4e session

Cette session se situe dans le prolongement des trois précédentes, en privilégiant cette fois-ci deux thématiques, les "sciences de l'apprendre" et les relations entre politiques, recherches et pratiques. Ces deux thématiques questionneront des modélisations de situations d'enseignement : la mise en oeuvre de démarches d'investigation pour l'enseignement des sciences sera l'occasion de questionner les relations entre curriculum, recherches en éducation, pratiques et développement professionnel des enseignants ; à travers le concept d'orchestration, Pierre Dillenbourg mettra en évidence la diversité des contraintes à prendre en compte pour penser l'enseignement. Cette intervention de Pierre Dillenbourg s'inscrit dans le partenariat entre l'ENS de Lyon et l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne.

La dernière après-midi du séminaire sera consacrée à un questionnement plus général, au moment où une concertation nationale, en France, se propose de refonder l'école : Mathieu Potte-Bonneville interrogera les notions d'usages et d'usagers de l'école.

Inscription / Registration

Jeudi 8 novembre, salle de conférence de l'IFÉ

9h - Ouverture du séminaire par Michel Lussault, directeur de l'IFÉ

9h30 - Thématique politique, recherche, pratique

IIntroduction de Maryline Coquidé et Yves Matheron :  la première session du séminaire, centrée sur les questions en relation avec l’"informed based education", avec les interventions de David Gough, de Denis Meuret et d’Eric Mangez, puis la deuxième session consacrée aux « bonnes pratiques en éducation » discutées par Robert Slavin, Mathieu Potte-Bonneville et Meilu Sun, ont permis d’interroger des relations entre recherches, pratiques et politiques éducatives. Cette réflexion se poursuit au cours de cette quatrième session. L’étude du cas de l'intégration, au niveau international, des démarches d'investigation ou Investigation Based Science Education (IBSE) dans les curricula pour l'enseignement des sciences et des mathématiques, permettra d’étudier et de discuter les fondements, les motivations, les modalités et les effets de ces recommandations institutionnelles. Les conséquences sur les recherches éducatives, sur la formation et sur le développement professionnel seront interrogées. La matinée sera organisée autour de deux conférences :

John Elliott

9h40, conférence de John Elliott, Emeritus Professor of Education at the University of East Anglia, UK

The challenges for teacher research in contemporary educational policy contexts, with particular reference to the role of teachers in curriculum and pedagogical development. I will begin my talk by outlining the idea of 'The teacher as a researcher' developed by Lawrence Stenhouse in the UK forty years ago, and trace how it's meaning changed with increasing government control over curriculum and pedagogy in schools. This will be contrasted with the realisation of the idea in the context of the curriculum reforms in Hong Kong that created space for school-based curriculum development. My talk will conclude with an outline of the main challenges for teacher research in educational systems that are increasingly shaped as quasi-markets.

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calmettes

10h30, conférence de Bernard Calmettes, Université de Toulouse

Démarches d’investigation : d’une posture de recherche analytique des textes et des pratiques enseignantes à une posture critique et prospective. Suite à des injonctions institutionnelles, mais aussi en continuité avec des innovations issues des recherches ou des pratiques, les démarches d’investigation pour l’enseignement scientifique (DIES en France, IBSE aux USA) ont été inscrites dans les curricula et mises en œuvre dans les classes de nombreux pays. Les recherches en didactique ont été développées depuis suivant différents axes : les références possibles et nécessaires à ces démarches (épistémologie, enseignement par problème), des propositions d’ingénieries didactiques, et des pratiques "ordinaires" des enseignants et des formateurs.
Il est difficile de faire ressortir de cet ensemble foisonnant des constantes, à partir desquels il serait possible de dire ce que sont effectivement les pratiques des enseignants en classe lorsqu’ils mettent en œuvre des démarches d’investigation. En creux, on peut finalement plutôt y lire une importante variété de pratiques, qui ne peuvent ni strictement être liées à des contenus spécifiques (par exemple en physique, en électricité), ni à des enseignants particuliers, ni au niveau des élèves. Les études approfondies des curricula, des discours et des pratiques des enseignants font ressortir que :
•    les directives dans les textes officiels sont lourdes de « malentendu ». Entre les visées des démarches et les précautions sémantiques et grammaticales dans les mises en œuvre possibles, on peut relever de nombreuses injonctions paradoxales ;
•    pour les enseignants, il peut y avoir un écart entre ce qu’ils savent sur les démarches et ce qu’ils disent pouvoir mettre en œuvre dans les classes. Ces écarts interrogent  les curricula mais aussi les formations.

tiberghien

11h20, pause

11h30, commentaires d'Andrée Tiberghien, CNRS

Les démarches d'investigation, l'évaluation et les programmes officiels : leur possible compatibilité. Ce commentaire illustrera les analyses présentées en s'appuyant sur le cas de l'articulation des évaluations formatives et sommatives dans les enseignements mettant en oeuvre des démarches d'investigation (projet européen ASSIST-ME).

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12h15, pause déjeuner

14h - Thématique "sciences de l'apprendre"

Introduction de Gérard Sensevy : cette  session s’inscrit dans la continuité des trois sessions précédentes, qui ont commencé l’exploration des multiples relations entre l’enseigner et l’apprendre, à partir d’exposés de spécialistes de Learning Sciences (Michael Baker, Sten Ludvigsen, Tim Koschman, Cindy Hmelo-Silver), de psychologie cognitive (André Tricot), de sociologie (Jean-Yves Rochex) et d’anthropologie sociale (Trevor Marchand), exposés auxquels des didacticiens (Florence Ligozat,  Andrée Tiberghien, Yves Matheron, Marie-Jeanne Perrin-Glorian, Gérard Sensevy) ont réagi. Les relations entre Learning Sciences et Didactique ont été travaillées, particulièrement dans le sens du développement d’une théorie de l’enseignement et d’une meilleure compréhension des environnements d’apprentissage complexe. Avec la notion d’orchestration, présentée par Pierre Dillenbourg, des facettes nouvelles de la relation entre enseignement et apprentissage seront mises en évidence lors de cette quatrième session. Le jeudi après-midi, Pierre Dillenbourg présentera certains aspects de son travail de recherche. Il proposera aux participants, pour le lendemain, de réfléchir à certains éléments-clés de son exposé. Le vendredi matin son intervention intégrera l'étude faite, par les participants, de ces éléments-clés.

Dillenbourg

14h30, conférence de Pierre Dillenbourg (École Polytechnique Fédérale de Lausanne)

Modéliser l'orchestration : Le terme 'orchestration' fait référence à la gestion en temps réel de graphes pédagogiques dont les activités se situent dans des plans distincts (individu, groupe, classe, communauté,...) et lient des couches d'informations digitales et physiques. Cette gestion vise à optimiser la satisfaction d'un grand nombre de contraintes et à minimiser l'entropie globale de la classe. Alors que les modèles de conception pédagogique se préoccupent des contraintes centrales (qui apprend quoi et comment), l'orchestration intègre des contraintes moins 'nobles' telles que la segmentation des horaires, la discipline, la production de traces pour les parents, le budget énergétique de l'enseignant, l'organisation physique de la classe, etc. L'entropie renvoie à une modélisation de l'orchestration comme le traitement par l'enseignement de flux massifs d'informations. Le concept d'orchestration couvre donc des aspects pratiques, voire logistiques, qui appellent au développement d'une compréhension de l'ergonomie de la salle de classe. Pour développer ce modèle, je partirai d'environnements de réalité augmentée que nous testons depuis plusieurs années dans des contextes tels que la géométrie à l'école primaire, la formation professionnelle en logistique et pour les charpentiers et enfin l'enseignement universitaire.

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16h - clôture de la première journée, réunion du comité scientifique du séminaire

Vendredi 9 novembre, salle de conférence de l'IFÉ

9h - Thématique "sciences de l'apprendre"

Introduction par Gérard Sensevy, à partir de la conférence de la veille.

9h15, reprise par Pierre Dillenbourg intégrant les retours des participants au séminaire.

14h - Regards croisés sur le séminaire,

Introduction par Luc Trouche : cette quatrième session peut être l'occasion d'un premier bilan du séminaire vu comme l'une des occasions d'interactions entre les équipes impliquées dans la plateforme de recherche de l'IFÉ : les relations entre l'apprendre et le faire apprendre sont en effet questionnées autant dans ce séminaire que dans les Lieux d'éducation associés à l'IFÉ. Ce bilan est organisé autour d'une question critique : comment penser les relations entre la diversité des acteurs qui concourent, dans chaque lieu d'éducation, au faire apprendre ? Cette réflexion sera introduite par une conférence interrogeant les formes d'intégration des élèves en situation de handicap.

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Potte-Bonneville

14h30, conférence de Mathieu Potte-Bonneville, Maître de Conférences en philosophie à l'IFÉ- ENS de Lyon et au Collège International de Philosophie.

L’école pour tous : quelles médiations, quels usages ? Si l’inscription dans le droit français de la scolarisation des élèves handicapés marque, depuis 2005, l’unification juridique d’un champ auparavant divisé entre pédagogues et professionnels de santé, elle introduit dans le système éducatif une division d’un autre genre : interviennent, en tiers entre les acteurs du monde enseignant et les familles, des Auxiliaires de Vie Scolaire dont le rôle est de permettre la bonne intégration des élèves au fonctionnement ordinaire des classes. Dans quelle mesure parviennent-ils alors à contribuer à la modification de l’ordre scolaire qui, jusque là, maintenait à l’écart les élèves en situation de handicap ? On présentera les premières étapes d’une recherche consacrée (entre sociologie des professionnalités et philosophie des usages) à ces activités qui, en partie nées d’expérimentations ponctuelles, ont pour tâche de faire le lien entre l’affirmation universelle du droit à l’éducation, et la différenciation des situations que la mise en oeuvre de ce droit implique.

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15h15-16h, discussion.

Renseignements :   Nicolas Favelier

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