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ReVEA collectif

Ressources vivantes pour l'enseignement et l'apprentissage

logo revea couleurLe programme ReVEA est une réponse acceptée à l'appel d'offres ANR 2013 Apprentissages. Le 11 mai s'est tenu à l'IFÉ (ENS de Lyon) un séminaire (préparation scientifique : Angela Restrepo) consacré à une réflexion commune, avec des collectifs producteurs de ressources, dans la perspective d'une étude des processus de production et d'appropriation des ressources qu'ils conçoivent. Ont présenté leurs problématiques : Sésamath, l'IREM de Lyon, le GFEN et Sésames. Présents : les membres du projet  [Georges-Louis BaronKarine Bécu-RobinaultMargaret Bento, Fernando Bifano (à distance), Mehdi Khaneboubi, Catherine Loisy, Martine Paidorge (à distance), Michèle Prieur, Amandine Raze, Angela Restrepo, Catherine Reverdy, Katiane Rocha, Hussein Sabra, Jana Trgalova, Luc Trouche, Chongyang Wang et Solène Zablot (à distance)] et les représentants des associations et institutions [Jean Fleury (CARDIE de l'académie de Lyon), Hélène Gringoz (Sésamath) (à distance), Maria-Alice Médioni (GFEN langues), Christian Mercat (IREM de Lyon), Valérie Péan (GFEN langues), Eddy Sebani (GFEN langues) et Jacques Vince (Sésames)].

Cette page propose les ressources présentées et produites par le séminaire.

Seminaire 11 mai 2

ReVEA : quelles grandes questions, en particulier du point de vue du travail collectif des enseignants ? (Luc Trouche, responsable de la tâche 4 ReVEA, IFÉ)

Dans son introduction, Luc Trouche situe le séminaire dans une continuité, entre le séminaire méthodologique du 28 octobre, et le séminaire national du projet en juillet 2015. Il s’agit aujourd’hui de mettre en regard les problématiques de recherche et les méthodologies de l’étude. L’organisation du séminaire, privilégiant les interactions avec les collectifs, est déjà un parti pris méthodologique. Deux dialectiques essentielles sont au coeur du projet: dialectique développement de ressources/ développement de collectifs (relation tâche 2/ tâche 4) et dialectique collectif dans l’établissement/ collectif « hors » établissement (relation tâche 3/ tâche 4). Il faut prendre en compte un ensemble de variables: discipline(s), taille du collectif, composition (enseignants, chercheurs…), degré de formalisation. Il y a des questions communes à traiter: les rôles des membres dans les associations, les ressources critiques, les moments sensibles pour les usages et la conception des ressources. A penser: les outils communs, permettant de prélever des données comparables (le site ReVEA devrait pouvoir permettre cette mutualisation); un séminaire scientifique au bénéfice de l’ensemble du projet (un séminaire des doctorants, centrés sur ressources et collectifs, est envisagé pour la rentrée 2016).

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Différents collectifs, différents développements, différents questionnements (animation Angela Restrepo, S2HEP)

Rappel des démarches de catégorisation au sein du projet ReVEA (Angela Restrepo)

Partant de l'objectif de caractériser les collectifs d'enseignants (hors établissement, tâche 4), notamment par leurs points communs et leurs différences disciplinaires, le travail de catégorisation qui a porté sur une vingtaine de collectifs d'enseignants par discipline a débouché sur 4 types de catégorisation : missions et objectifs déclarés du collectif, rapport du collectif aux ressources, organisation et fonctionnement du collectif, rapport aux institutions. Cette première démarche de catégorisation a évolué pour prendre davantage en compte les caractéristiques ces collectifs et mieux intégrer les résultats de recherche obtenus dans la tâche 2 (classement des ressources selon leur nature et le type de producteur). La nouvelle catégorisation devient donc : missions et objectifs déclarés du collectif ; rapport du collectif aux ressources ; organisation et fonctionnement du collectif ; statut des membres du collectif ; degré d’implication des membres ; type de financement ; nature des ressources produites par le collectif. Elle peut certes continuer à évoluer à partir des commentaires du séminaire. Diaporama

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Réaction et commentaires de Mehdi Khaneboubi : La catégorisation des collectifs a produit des critères de caractérisations. Il me semble que ces éléments constituent des perspectives permettant de commencer le suivi des collectifs. De mon point de vue deux éléments peuvent permettre de poursuivre la catégorisation. D’une part en poursuivant la recherche de compatibilité entre la catégorisation des collectifs et la cartographie des ressources (en particulier en collectant les ressources produites par les collectifs suivis). D’autre part, du point de vue des établissements, comment les enseignants s’approprient les ressources produites par les collectifs et les font vivre si c’est le cas ? Sinon il peut être intéressant de conduire des entretiens collectifs avec des enseignants se basant sur des ressources comme supports à la parole et notamment celles produites par les collectifs suivis.

Présentation par deux collectifs des questionnements liés à leur développement 

Sésamath

La présidente Hélène Gringoz présente l'association à partir d’une navigation sur son site. Il y a d’abord ce que l’on voit, de l’extérieur, dans Sésamath: 45000  ressources, qui s’adressent aux enseignants ou aux élèves et qui sont très diversifiées: manuels scolaires, bases d’exercices interactifs, journal en ligne, logiciels mathématiques, ou de travail collaboratif, comme Labomep, qui permet de se constituer sa propre base d’exercices, pour différencier le travail des élèves, ou constituer un répertoire d’exercices communs avec des collègues. Sésamath, de l’intérieur, ce sont entre 50 et 70 adhérents, qui décident tout collectivement, aussi, qui a environ 50 et 60 membres actifs que fait et décide tous collectivement, privilégient la critique constructive et la recherche de consensus. L’association partage des valeurs qui sont inscrites dans une charte: désintéressement, neutralité pédagogique et politique. Transcription de la présentation

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Réaction et commentaires de Hussein Sabra : Sésamath a subi des transformations depuis sa fondation en 2001. Ces transformations sont principalement liées à des crises internes et à des choix d’orientations négociés entre les membres actifs. Nous avons peu d’information ou de données sur la place que les utilisateurs (élèves, enseignants - non concepteurs) occupent dans l’évolution et la transformation des ressources de l’association. Dans la conception collaborative des ressources, les membres de Sésamath sont conduits à faire des choix à plusieurs moments de leur activité : l’interprétation du programme scolaire et des textes officiels ; dans les choix didactiques qu’ils sont amenés à faire.  

IREM de Lyon

Christian Mercat présente le réseau des IREM, crée dans les années 1970, sur la lancée de la réforme des mathématiques modernes et de la mobilisation sociale et politique des années 1968. Il s’agissait alors d’assurer la formation des enseignants à des nouveaux programmes d’enseignement en rupture avec les anciens. Ces moyens n’ont été accordés qu’aux mathématiques, du fait de la place des mathématiques, à cette époque, comme discipline reine pour la formation de l’esprit. Cette mission de formation des enseignants reste la mission structurante des IREM. Mais les IREM sont bien plus que cela: c’est un réseau d’instituts, au niveau national, qui a développé depuis plus de 40 ans des recherches sur l’enseignement des mathématiques sur la base de la collaboration entre chercheurs et praticiens. Il a été un incubateur de la didactique des mathématiques, et ses groupes de travail ont développé de nombreuses ressources pour faire face aux nouveaux besoins de l’enseignement des mathématiques. L’IREM de Lyon est particulièrement actif dans le réseau, impliqué dans des projets nationaux et européens (MC2 par exemple). Présentation

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Réaction et commentaires de Angela Restrepo: Trois éléments me paraissent fondamentaux à faire ressortir des IREM et ce sont sans doutes des questions et des éléments qui peuvent être intéressants à prendre en compte, non seulement pour notre analyse des collectifs producteurs de ressources, mais aussi pour d'autre collectifs : quel est l'apport de la recherche, en particulier de la recherche action, à la production des ressources et à leur propre fonctionnement ? Quel est l'apport d'avoir des acteurs au sein de l'IREM avec des statuts aussi diverses ? Quel est l'apport d'avoir des partenaires et interagir avec des institutions aussi diverses aussi ?

Seminaire 11 mai 1

Présentations de projets de suivi de collectifs

Sont concernés des collectifs en anglais, mathématiques, physique-chimie, STI et dans le domaine pluridisciplinaire en science. Les huit présentations successives s'appuient sur un diaporama commun. Diaporama

ANFA - Solène Zablot (STI)

Ppad - Martine Paindorge (STI)

GFEN & TrAM - Margaret Bento (Anglais)

AUDIO Collectif SPC - Karine Bécu-Robinault (Sciences physiques et chimiques)

AUDIO Collectif MPS - Michèle Prieur (pluridisciplinaire en sciences)

AUDIO Groupe IREM - Hussein Sabra (mathématiques)

AUDIO Sésamath - Katiane Rocha (mathématiques)

AUDIO Étude Comparative Chine-France - Chongyang Wang (mathématiques)

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Quelles relations les collectifs pourraient-ils entretenir avec ReVEA? Quel suivi de leurs activités, par quels moyens, quelle « recherche participative » ? Réponse de deux collectifs (animation Margaret Bento, responsable de la tâche 5 ReVEA, EDA)

Le collectif GFEN - Langues 

Maria-Alice Medioni, du secteur Langues du GFEN, présente le GFEN, association loi 1901, fondant son activité sur le pari d’éducabilité, le refus de l’échec scolaire, le refus des inégalités, s’appuyant, entre autres, sur le modèle socio-constructiviste. Collectif composé de « militants » doctorants, chercheurs, formateurs, enseignants pour élaborer des pratiques, des ressources, organiser des manifestations sur des problématiques telles que la régulation de l’apprentissage ou l’enseignement réflexif par exemple, concevoir du matériel pour les mises en situation, proposer des formations à la demande d’institution ou d’association. Le GFEN a exprimé les besoins suivants quant à la collaboration avec Revéa : observation de son travail de conception pour faire évoluer leurs pratiques si nécessaire, évaluation des ressources conçues et utilisées, valorisation/diffusion des ressources. Possibilité également de modéliser le cycle de vie des ressources conçues, en collaboration avec Revéa - Diaporama

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Réaction et commentaires de Margaret Bento: Cette intervention montre l’intérêt d’une collaboration entre les collectifs et ReVEA. Il faudrait que ReVEA puisse aussi s’approprier les questions que se posent les collectifs et en faire des questions centrales de la recherche tout en gardant un regard distancié. Il serait intéressant de voir quelles sont les ressources élaborées au GFEN et celles des collectifs dans les établissement : quelles différences ? quelles ressemblances ? Comment est-ce que les enseignants dans les établissements s’approprient les ressources élaborées par le GFEN sachant l’appareillage didactique sous tendu (auto-socio-constructivisme).

Le collectif Sésames 

Jacques Vince présente Sésames. Sesames (Situations d’enseignement scientifique : Activité de modélisation, d’évaluation et de simulation) est un collectif institutionnel constitué en 2000. Il regroupe 15 à 20 membres, des chercheurs de l’UMR ICAR et des professeurs associés à l’IFE. Son objectif est de produire des ressources pour accompagner les professeurs dans leur enseignement mais également dans leur développement professionnel. Le processus de conception s’appuie sur l’expertise complémentaire des chercheurs et des professeurs et sur des tests en classe. Ces ressources sont diffusées via le site Pegase (physique) ou Pegame (mathématiques) mais également par des formations académiques et des revues professionnelles. A ce jour, le collectif s’interroge en particulier les usages des ressources et sur les conditions à réunir pour engager une conception collaborative qui dépasse le collectif institutionnel. Diaporama

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Réaction et commentaires de Karine Bécu-Robinault: Le fonctionnement de ce collectif se fonde sur une collaboration étroite entre enseignants et chercheurs. Cette collaboration implique des rôles spécifiques et complémentaires pour chacun des deux types d’acteurs concernant les éléments à prendre en compte pour la conception de séances. Elle est facilitée par un passeur, apte à comprendre, traduire, expliciter des éléments relevant des deux communautés (recherche et enseignement). Les apports respectifs des deux types d’acteurs pourraient être interrogés  à des fins de validation des séances conçues, cette validation pouvant dépendre des critères spécifiques à chacune des communautés.

Seminaire 11 mai 3

Quelles méthodologies développer pour le suivi de collectifs d'enseignants (animation Catherine Loisy, responsable méthodologie ReVEA, S2HEP)

Hussein Sabra (CEREP, S2HEP), avec la contribution de Isabelle Quentin (STEF) : exemples issus de travaux de thèse

Plusieurs entrées sont possibles pour l’étude des collectifs d’enseignants. Deux exemples d’entrées sont plus particulièrement intéressants dans le projet ReVEA : l’étude du fonctionnement des collectifs ; l’étude didactique des collectifs. Hussein Sabra présente brièvement des aspects méthodologiques s’inscrivant dans les deux types d’étude. Il met en évidence le rôle des membres du collectif dans l’élaboration des outils méthodologiques et dans la mise en œuvre de la méthodologie. Diaporama

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Réaction et commentaires de Georges-Louis Baron: Cette réaction à chaud n'est pas seulement relative à l'intervention précédente mais aussi à celles qui l'ont précédée. La question de la méthodologie pose d'abord celle des questions investiguées. Comme il a été dit, les collectifs qui participent au projet sont pérennes. Mais ils sont multiples. Certains sont  plus ou moins «  captifs », d’autres sont fondés sur un engagement militant. Quels sont les principes et les modalités de régulation ? Comment fonctionnent les règles de décision collective, en particulier pour la définition de priorités ? Comment les acteurs accèdent-ils aux rôles et à une rétribution (en particulier symbolique) ? Comment décrire et classifier des cycles de vie de ressources ? Par rapport à ces questions, le principe d'une approche qualitative est pertinent. Il s'agit de décrire ce qui se passe au cours du temps. Un enjeu fort est cependant de parvenir à un compromis entre la profondeur et l’étendue de l'investigation car les ressources du projet sont limitées. Par ailleurs, notre action est susceptible d'interférer avec le fonctionnement des collectifs, mais on n'est pas dans le cadre d’un laboratoire de changement et il convient d’être prudents. Il est important de discuter, voire de négocier avec les praticiens les modalités de notre action afin qu'elle soit mutuellement avantageuse.

Introduction de la discussion (Catherine Loisy)

Dans le cadre du projet ReVEA, il est nécessaire de mettre au travail les méthodologies pour pouvoir recueillir des données comparables entre les différentes disciplines du projet, entre les différents collectifs étudiés. Pour avancer sur ces questions, la discussion sur le suivi des collectifs est organisée en trois points : la mise en exergue des méthodologies envisagées pour suivre les différents collectifs, telles qu’elles ont été présentées pendant ce séminaire ; un questionnement sur les outils utilisés par les collectifs pour le suivi de leur travail, notamment autour de la production de ressources ; la place des chercheurs dans le suivi des collectifs, les attentes des collectifs vis-à-vis  des chercheurs.

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Synthèse et perspectives (Luc Trouche)

Ce qui est déterminant, d’ici le séminaire de juillet: dégager les problématiques communes aux associations et aux chercheurs ReVEA. Cela conditionne la suite du projet! Pour les équipes ReVEA, bien garder en tête les concepts que nous avons décidé de travailler ensemble, comme celui de « cycle de vie d’une ressource », et être ouvert au développement de nouveaux concepts qui émergeraient dans le cours de l’étude (comme celui de « ressource pivot », à définir.

Ce séminaire aura permis de dégager les outils méthodologiques nécessaires à tous: comment outiller le suivi d’un collectif réuni dans l’intention de concevoir une ressource ? Quels types de représentation graphique développer pour décrire la structure d’un système de ressources? Pour décrire les interactions dans un collectif? Comment décrire des profils (exploiter le notion de persona?). Dans cette deuxième étape du projet, nous avons convenu de définir, dans chaque collectif, des rôles critiques du point de vue de la conceptions de ressources. Un enjeu pour bien préparer le séminaire de juillet!

Définir une "carte d’identité" des collectifs, c’est aussi s’appuyer sur leur propre regard (les collectifs ont évoqué aujourd’hui les « gros évènements » qu’ils organisent, les "réunions qu’il ne faut pas manquer", leurs valeurs, la reconnaissance de chacun pour chacun… Et situer un collectif, c’est aussi le situer par rapport à d’autres collectifs (on a parlé aujourd’hui du "collectif des associations partenaires de l’école", ou encore de "collectif mère".

Une chose apparaît déterminante: concevoir une structure de relevé des données nécessaires pour analyser le cycle de vie d’une ressource. Dans la valise documentaire, on propose une structure basée sur 4 moments clés. Mais il s’agit là d’une conception individuelle de ressource. Quelle structure concevoir pour prendre en compte les phases collectives et individuelles, les phases de conception, d’usage, et de révision? C’est aussi un enjeu fort du séminaire de juillet.

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Réaction et commentaires de Catherine Loisy : la synthèse de Luc Trouche souligne l’intérêt de la co-construction de problématiques entre les chercheurs du projet ReVEA et les collectifs impliqués dans le projet, tout en rappelant que la tâche 4 du projet implique de mettre au travail certaines notions. A ce qui a été développé par Luc, j’ajouterais trois points : le paradoxe de la validation par l’institution des travaux des collectifs entre désir d’être reconnu et envie d’indépendance ; la prise en compte simultanée de la structure et du fonctionnement du collectif ; l’intérêt de la visibilité entre professionnels dans ces collectifs. Le suivi des collectifs nécessite une réflexion méthodologique spécifique ; les méthodologies du projet devront être croisées, notamment la méthode trajectoire avec les autres méthodes.

Renseignements :  Angela Restrepo

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