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Symposium "L’incorporation des comportements de santé : Comment changer un processus involontaire ?"

Samuel LÉZÉ & Emilia SANABRIA (Triangle, IFÉ, ENS-Lyon) 9 avril 2013 IFÉ, salle n°2 (10h30-18h00)

Contexte

Les politiques de prévention et de promotion de santé publique ont pour objectif de changer les comportements de santé. Dans cette perspective, deux modèles didactiques se sont succédés: un modèle de communication (informer et sensibiliser) et un modèle d’éducation (intégrer des compétences). Un même postulat en fonde cependant la raison d’être : l’amélioration de la prévention des problèmes de santé repose en grande partie sur la modification des comportements, eux-mêmes étroitement liés à l’éducation. La prévention vise ainsi souvent à corriger une forme d’ignorance ou d’inculture en matière de santé.

Or, il est possible de voir émerger deux nouveaux paradigmes de santé publique : celui des déterminants sociaux de la santé et celui de la neuroprévention (ou prévention fondée sur les connaissances des processus inconscients dans les comportements). Ainsi, il existe une reconnaissance accrue des facteurs involontaires dans les comportements de santé : les facteurs sociaux ou biologiques échappent en effet aux contrôles volontaires des individus, quelque soit leur « bonne volonté ». Quelle peut-être la place des processus inconscients dans les politiques de prévention et de promotion de santé publique ? Comment agir sur des processus inconscients ? 

 

Objectif

L’objectif de ce symposium est d’explorer les conséquences de cette mutation sur les politiques de prévention et de promotions de santé publique. Il s’agit de comparer deux paradigmes – sociologique et biologique – rarement pensés ensembles. En effet, ils reposent sur un postulat commun et radicalement différent du modèle didactique ou « informationnel » actuellement mis en place par les politiques publiques d’éducation à la santé. Encore peu explicite, nous pourrions le formuler provisoirement ainsi, comme une hypothèse de travail : les comportements de santé relèvent d’une incorporation involontaire. Dans le cas de la « neuroprévention », il s’agit d’identifier des leviers pour agir sur les processus inconscients, impulsifs et affectifs qui mènent à des comportements délétères pour la santé ; dans le cas des « déterminants sociaux de la santé », l’exposition à un mauvais environnement socio-économique.


Au moins trois questions se posent alors :

1. Dans quelle mesure le postulat de l’incorporation involontaire remet-il en cause l’idée même d’éducation à la santé centrée sur un individu rationnel et autonome dans ses choix ? Dans un cas, il s’agit d’agir sur l’environnement socio-économique et non sur l’individu pour améliorer l’état de santé des populations. Dans l’autre, il s’agit d’agir sur la part la plus inconsciente de l’individu en ce centrant sur l’ancrage biologique (reptilien, selon certaines analyses) des comportements.
 

2. Quel serait le modèle d’intervention possible (au delà de l’approche didactique jusqu’alors privilégiée) pour agir sur des états inconscients sans entrer en contradiction avec un contexte politique de valorisation de la « citoyenneté » où « responsabiliser » et « autonomiser » demeurent des valeurs centrales ?


3. Au-delà du partage d’un même postulat sur la faillite du modèle informationnel en promotion de la santé, en quoi la différence de cible d’intervention – sociologique vs biologique – peut-elle finalement entrainer des politiques de santé publique radicalement différentes ? Dès lors, peut-on dégager des différences en termes de philosophie politique et d’implications éthiques dans ces mutations de cibles d’intervention ?

Cadre


La thématique sera explorée de manière collégiale à partir de fragments de travaux en cours ou de brèves pistes de réflexion à développer dans la discussion. Les fragments (entre 2 et 4 pages maximum), structurés autour de ces interrogations, devront circuler une semaine avant le symposium pour lecture et favoriser les discussions ciblées sur des points clés particulièrement saillants. Deux discutants seront chargés d’animer les discussions.

Participants :


Nathalie Bajos (INSERM Centre de recherche en Epidémiologie et Santé des Populations)

Henri Bergeron (CSO, Sciences Po)

Camille Boubal (CSO, Sciences Po)

Thomas Bujon (Triangle, Université Jean Monnet de Saint-Etienne)

Patrick Castel (CSO, Sciences Po)


Christine Dourlens (Triangle, Université Jean Monnet de Saint-Etienne)

Daniel Frandji (Triangle, IFÉ-ENSL)

Alain Giami (INSERM Centre de recherche en Epidémiologie et Santé des Populations)

Nicolas Lechopier (S2HEP, Lyon 1, IFÉ-ENSL)

Frédéric le Marcis (Triangle, IFÉ-ENSL)

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