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Rencontre avec Caroline Jouneau-Sion, enseignante à mi-temps détachée au sein de l’équipe EducTice


Avant d’intégrer l’IFÉ comme enseignante détachée à mi-temps, Caroline a été enseignante associée en 2008. Lorsqu’elle rejoint l’académie de Lyon, elle utilise avec ses élèves du lycée Germaine Tillon (aujourd’hui un LéA de l’IFÉ) un jeu EducTice (Clim@ction) qu’elle avait contribué à mettre en place quand elle était enseignante associée à Lille. La boucle est bouclée. Elle rejoint donc l’équipe d’EducTice en 2011 sur le projet Pairformance et débute un master en architecture de l’information. Son sujet de mémoire au sein de ce master : « comment favoriser la collaboration au sein d’une plateforme de jeux » : quand les études et le travail s’enrichissent… Caroline anime en effet la mise en place « d’un groupe de conception collaborative d’un jeu collaboratif épistémique numérique. » De quoi utiliser et mettre en œuvre les compétences acquises au sein de ce master de l’ENS de Lyon.

Comment êtes-vous arrivée à l’IFÉ ?

« Je faisais partie d’une communauté de pratiques et un chercheur de l’IFÉ cherchait un terrain pour sa thèse. Nous avons conçu une séance pour vérifier si les élèves pouvaient utiliser un SIG (Système d’information géographique) en classe ce qui a permis au chercheur d’appréhender complétement la réalité du terrain et notamment les difficultés des élèves face à cet outil. J’ai tout de suite trouvé cette démarche intéressante et pertinente: le lien terrain-recherche. A ma connaissance il n’y a que dans notre Institut que cela existe. C’est nulle part ailleurs ! Cela permet pour les chercheurs d’appréhender la complexité de l’élève, le système classe, etc. Dans d’autres pays on fait des bataillons de tests, des analyses de cohorte, etc. et rarement -voire jamais- d’analyse qualitative alors que les expérimentations sont multimédias : vidéo, analyses de traces, entretiens personnalisés, etc. »

Comment travaillez-vous aujourd’hui avec Éric Sanchez, responsable de l’équipe d’EducTice ?


« Éric expose son cadre théorique et ses questions de recherche. A partir de là, on conçoit ensemble une situation. Ses questions de recherche deviennent les miennes, j’apporte mon savoir-faire d’enseignante et moi j’acquière des outils de pensée. ».

Pour vous quels sont les avantages pour l’établissement ?
« C’est très positif et notamment dans le cadre des LéA. Par exemple dans mon lycée. Le projet INO a engendré beaucoup d’échanges sur les pratiques, ce qui n’est pas si aisé. Cela a impulsé des interrogations, des réflexions, des coopérations au sein de l’établissement. C’est un premier lieu de diffusion de la recherche et c’est important. »

Quel bilan personnel faîtes-vous ?
« Pour moi en tant qu’enseignante cela m’apporte beaucoup: j’ai un recul sur le métier et mes pratiques que je n’avais pas avant. Je me souviens par exemple d’un premier travail avec Éric Sanchez. Naïvement, je pensais qu’en mettant mes élèves devant un questionnaire sur un ordinateur, c’était les mettre en autonomie. Éric m’a expliqué que le questionnaire guidait la pensée, que donner de l’autonomie aux élèves c’est leur donner la liberté de construire leur propre cheminement, leur propre stratégie pour atteindre l’objectif fixé. Cela m’a fait changer mon point de vue et surtout mes pratiques. J’ai vraiment envie de rester en classe pour aller plus loin dans la façon dont je pratique mon métier. J’aimerais avoir cette continuité sur plusieurs années encore entre le travail que j’entreprends en classe et mes activités de recherche. L’idée étant de réinvestir en classe ce que mes recherches m’apprennent et de faire « remonter » à la recherche ce que mes classes m’apprennent.

Les enseignants associés: quelques chiffres
•    Présents dans 24 académies, 33% des enseignants-associés exercent dans un collège, 31% dans un lycée, 31% dans une école primaire, 5% dans un établissement regroupant plusieurs niveaux (ex cités scolaires ou écoles in-ternationales.) ;
•    35% des enseignants associés sont dans un LéA ;
•    Augmentation de la part des professeurs du 1er degré : 31% en 2013-2014 contre 2% en 2010 ;
•    Continuité des actions et renouvellement nécessaire des enseignants : 50% participent depuis moins de 3 ans. 16% ont participé en 2013/2014 seulement et enfin 30% sont associés depuis plus de 3 ans ;
•    Des enseignants investis: 62% des enseignants associés 2013/2014 déclarent avoir une responsabilité particulière au sein de leur établissement.


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